Il
y avait une fois un enfant qui plaça un piège sous une
racine et prit un oiseau, un bel oiseau, l’oiseau de
la cascade.
Bien.
Il le plume, le cuit, le mange.
Bien.Quand il l’a mangé, il
revient, remet le piège sous la même racine, et reprend
encore le même oiseau, l’oiseau de la cascade.
Alors, il court à la maison pour le mettre en
cage ; mais sa mère le renvoie aux champs
surveiller les semailles.
L’enfant lui dit :
- Mère, fais-moi rôtir cet oiseau.
- Oui, lui dit-elle. L’enfant retourne aux champs et
fait rouler son tambour pour effrayer les autres oiseaux.
Bien.
Pendant
ce temps-là, la mère tue l’oiseau, le bel oiseau,
le plume, le fait rôtir et le mange elle-même, sans
rien laisser. Quand l’enfant revient, il lui
réclame l’oiseau.
- Je l’ai mangé, lui dit-elle.
Alors il crie.
Bien.
-
Mère, donne-moi l’oiseau, l’oiseau que
j’ai tué sous la racine, près de la cascade, sous
la racine.
Sa mère lui donne du maïs.
Bien.
L’enfant
va cacher son maïs sur un tronc d’arbre, tout en
haut, dans le creux d’un arbre mort, et, quand les
termites l’ont mangé, il leur dit :
- Termites, donnez-moi mon maïs ! Donnez-moi le
maïs que ma mère m’a donné. Ma mère a mangé
l’oiseau que j’avais tué sous la racine, près
de la cascade, sous la racine.
Les termites lui font des pots de terre.
Bien.
L’enfant
emporte les pots de terre. Il va les placer dans la
rivière, sous la chute d’eau, pour
l’épuiser . Mais quand la chute d’eau a
brisé ses pots de terre, il lui dit :
- Chute d’eau, donne-moi mes pots de terre !
Donne-moi les pots de terre que les termites ont faits
pour moi. Les termites ont mangé le maïs que ma mère
m’avait donné. Ma mère a mangé l’oiseau que
j’avais tué sous la racine, près de la cascade,
sous la racine.
La chute d’eau lui donne un poisson.
Bien.
L’enfant
tient le poisson à la main et, comme un faucon le lui
enlève, il crie :
- Faucon, donne-moi mon poisson ! Donne-moi le
poisson que la chute d’eau m’a donné. La chute
d’eau a brisé les pots de terre que les termites
avaient faits pour moi. Les termites ont mangé le maïs
que ma mère m’avait donné. Ma mère a mangé
l’oiseau que j’avais tué sous la racine, près
de la cascade, sous la racine.
Le faucon s’arrache une plume.
Bien.
-
Cette plume est à moi, dit l’enfant.
Mais le vent la lui emporte. Alors l’enfant lui
dit :
- Vent donne-moi ma plume ! Donne-moi la plume que
le faucon s’est arrachée pour moi. Le faucon a
mangé le poisson que la chute d’eau m’avait
donné. La chute d’eau a brisé les pots de terre
que les termites avaient faits pour moi. Les termites ont
mangé le maïs que ma mère m’avait donné. Ma
mère a mangé l’oiseau que j’avais tué sous
la racine, près de la cascade, sous la racine.
Le vent fait tomber pour lui quelque noix de coco.
Bien.
Quand
l’enfant veut ramasser les noix, un gros babouin le
lui mange.
L’enfant hurle.
Il lui dit :
- Babouin, donne-moi mes noix que le vent a fait tomber.
Le vent a emporté la plume que le faucon s’était
arrachée pour moi. Le faucon a mangé le poisson que la
chute d’eau m’avait donné. La chute d’eau
a brisé les pots de terre que les termites avaient faits
pour moi. Les termites ont mangé le maïs que ma mère
m’avait donné. Ma mère a mangé l’oiseau que
j’avais tué sous la racine, près de la cascade,
sous la racine. On ne peut même plus
s’amuser !
Bien.
Le
babouin lui dit en éclatant de rire :
- Moi, je n’ai rien à te donner.
Alors, l’enfant l’attrapa avec une corde et
l’emporta vite à la maison pour le manger.
C’était bien son tour !
Mais le feu était éteint. La maison était vide. Sa
mère n’était pas là. Elle s’était noyée
dans la rivière, où il y avait un bel oiseau,
l’oiseau de la cascade, qui chantait ...
Alors, l’enfant partit placer un piège sous la
racine, près de la cascade, sous la racine.
Et il prit un bel oiseau.
Bien.
Mais
l’enfant se réveilla.
Il
avait rêvé.
Alors,
il se mit à faire rouler son tambour pour effrayer les
autres oiseaux, tous les oiseaux qui tombaient du ciel
pour dévorer les semailles.
- Oh ! qu’il fait chaud, dit-il.
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